Voie de l'encre

 
Ba Da Shanren (1626-1705)

La voie de l’encre

C'est un chemin d'expression.

Expression de la nature.

Nature profonde des choses et des phénomènes.

Ce qui nous anime.

Une recherche de l'harmonie.

 

La voie, car le cheminement importe plus que le résultat.

Ici, tout  comme dans l'art du kyudo (l'art du tir à l'arc traditionnel japonais) le but s'efface . Le parcours constitue l'essentiel de la quête.

Autrefois les lettrés de la tradition chinoise ont parcouru cet itinéraire. Engageons nous sur  leur pas.

L'encre, car la marque visible de la réalisation est déclinaison de noir  et de blanc.

L'encre  en monochromie est à la fois simplicité et complexité. Employer uniquement l'encre noire, c'est toucher à l'origine des couleurs et à toutes les couleurs en même temps.

Utilisons  la profondeur et la palette infinie des tons.

Partir de l'indifférencié pour organiser sur le papier une harmonie vivante.

N'est-ce pas un beau projet ?

Cette peinture monochrome s’accorde avec la pensée Chan (zen).

L'acte créatif cherche à traduire l'esprit du sujet plutôt que sa forme

En chinois on nomme ce style xie yi, ce qui veut dire « peindre l’esprit ».

Les lettrés chinois étaient des calligraphes confirmés ainsi que des poètes.

Ils ont employé le matériel de la calligraphie en démontrant que l'emploi des contrastes à partir du noir et blanc traduisait  cet "esprit" et rendait superflu l'utilisation de la couleur.

L'usage d'un matériel simple, pinceaux, encre de Chine et papier de riz adopte les principales catégories de traits de la calligraphie.

 On dit que la peinture à l’encre est une peinture calligraphiée.

Elle vit par l’intensité de ses traits, parcimonieux, forts et justes, mais aussi par la répartition des espaces.

La place du vide est prépondérante.

Les « blancs » à l’intérieur de la peinture conduisent le regard et peuvent emmener la contemplation du spectateur à l’extérieur du cadre.

C’est une peinture suggestive, sans retouche, elle nécessite à la fois contrôle et spontanéité.  Elle est méditée et préméditée.

C’est dire qu’elle existe déjà dans le cœur-esprit du peintre avant d’être exécutée.

 Pour traduire l'esprit du sujet, le peintre doit se disposer mentalement à recevoir et à transmettre cette immatérialité.

Pour peindre un bambou, on doit « être » le bambou.

Alors, la peinture devient vivante.

Xu Wei (1521-1593)

© 2018 crée par Michel Fornasero

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